Aujourd’hui, Laprof a demandé à ses gentils élèves de se procurer Le Cid de Pierre Corneille, dont elle avait d’ailleurs vu une mise en scène calamiteuse l’an passé.

“C’est dur, madame ? demande Marcel, curieux.
- Aaahh, Marcel, c’est un texte du 17e siècle.”
Jeanne prend le relais, l’air affolé :
“Mais, madame, c’est traduit ?!
- Non, Jeanne, c’est un texte en français classique. Ce n’est pas facile, car ce n’est pas traduit. Mais rassurez-vous, il y a des notes.”
Pierre enchaine : 
” Madame, c’est quoi ??
- C’est une pièce de théâtre.”
Valérie, visiblement renseignée sur le genre théâtral,  me regardant avec sérieux, tente d’obtenir une précision :
“C’est une comédie ou une tragédie ?
-Une tragi-comédie.” Air déçu et déconcerté de Valérie. “Je vous expliquerai ce que c’est quand on l’étudiera.”
Charlène demande alors, ainsi que quelques autres de ses camarades : “Maaaaaiiiiss… c’est connu ? (air incrédule)
- Oui, c’est une très belle pièce, très connue, très importante. Peut-être en avez-vous entendu d’ailleurs cette tirade…” Et là, Laprof se lance dans le célèbre
“Ô rage, ô désespoir” de Don Diègue. Yeux ronds de la jeune assistance, sourires en voyant Laprof qui s’emporte dans son bout de tirade : ils ont l’air de penser, mes mignons, “ça y est, elle s’arrête… Ah !! non ! elle continue !”.

Enfin, j’achève mon souvenir de récitation. “Mais, eeeeuuuhh, vous connaissez le livre par coeur ?” demandent-ils, effrayés tout en ayant la confirmation que Laprof est bien une extraterrestre.
“Non, j’ai juste appris cette tirade quand j’avais votre âge.”