septembre 2008


1er septembre 2008 : c’est la pré-rentrée, autrement dit, la rentrée des profs. Y compris pour les remplaçants, comme Laprof, qui sait malgré tout qu’elle a toute les chances de remplacer à nouveau dans le collège de ***, dirigé par Lechef.

Qui est Lechef ? Lechef, c’est le principal : son rôle est de gérer l’établissement, de préparer les répartitions des élèves dans les classes, d’indiquer le nombre de classes et la répartition des options dans celles-ci. Il gère également les profs, ou plus exactement, leurs emplois du temps, les emplois du temps des élèves, les emplois du temps des salles (qui est où et quand ?). Entre autres… notre établissement est petit, Lechef doit donc gérer toutes ces tâches, avec l’aide d’une secrétaire et de La Conseillère.
Précisons que c’est la 2e année de Lechef dans notre collège. L’an dernier, nous avons passé dix mois en sa compagnie en nous disant, à chaque décision, réunion, commission, qu’il nous observait certainement, que ça expliquait ses choix, et que le vent allait tourner à la rentrée 2008.
Nous voilà donc à la rentrée 2008 : que nous a réservé Lechef ?

La réunion de rentrée commence avec une demi-heure de retard. Nous commençons par une présentation générale : cela permettra aux nouveaux de savoir (en théorie) à qui ils ont affaire. Une personne seule ne se présente pas : Lechef… dont on entend à peine de le filet de voix lorsqu’il prend la parole.
Deux heures et demi de blablas inutiles plus tard (quand je dis “inutiles”, ce n’est pas une exagération), Lechef déjeune avec nous, les remplaçants qui ne resteront pas dans l’établissement peuvent enfin s’éclipser (ils ont donc eu droit à deux heures et demi de réunion pour RIEN), nous n’avons pas avancé d’un iota en ce qui concerne les projets d’actions pédagogiques, alors qu’ils figuraient à l’ordre du jour…
Nous attendons également nos emplois du temps et ceux de nos classes, que nous n’avons toujours pas eus.

Réunion deuxième partie : 14h.

Lechef ne vient pas se joindre à nous. C’est louche… Les emplois du temps n’arrivent pas : depuis le matin, leur heure de remise ne cesse de reculer : “à midi”, “à 13h”, “à 14h”…
A 15 heures, le miracle se produit : nous obtenons nos emplois du temps et ceux de nos classes. Nous lisons, comparons, voyons ce que nous pouvons faire pour arranger les uns et les autres. Nous comptons surtout : nos heures et celles de nos élèves.
Verdict : pour certains, il en manque ; pour d’autres, il y en a trop. Des élèves n’ont pas de temps pour manger, les latinistes se retrouvent à 40 (pour des salles de 30), une classe de 3e a cours de 17h à 18h le jeudi soir ou de 12h30 à 13h30 le mercredi. Ces derniers horaires paraitraient normaux si nous étions en lycée. Nous ne sommes qu’en collège. Il manque des heures de sciences, d’Allemand ; il y a des heures de trop en français en 6e. Nous obtenons deux heures de rang en 6e et 5e alors que nous les avions sollicitées pour les 4e et 3e, qui ne les ont pas toujours.

Aux multiples remarques que suscitent ces dysfonctionnements, Lechef répond – du fond de son bureau – : “le logiciel d’emplois du temps a buggé.”

16h30 : nous mettons fin à la réunion de prérentrée. L’ordre du jour, pourtant fourni, n’a pas été respecté. Les projets pédagogiques qui devaient être discutés ne l’ont pas été. Nous ne parvenons pas à connaître le budget disponible pour ces derniers.

Pendant les trois semaines et demi qui ont suivi, le logiciel n’a pas cessé de “bugger” et nous avons vu passer quatre emplois du temps différents pour chaque enseignant et chaque classe. Passons sous silence ceux qui ne sont pas arrivés jusqu’à la salle des profs.

Et hier, nous avons eu de nouveau droit à une réunion… sur les projets…

Leçon sur la fonction sujet en 5e. La première phrase du cours était : “Le sujet indique qui fait l’action (ou qui la subit) ou qui est dans l’état exprimé par le verbe.”
En bonne sadique, Laprof procède à une interrogation écrite le lendemain.
La première question était : “Qu’indique le sujet ?”.
Réponses de loupiauds : “Le sujet indique le verbe” ; “Ce qui indique le sujet est le verbe” ; “le sujet indique comment va être la terminaison du verbe”.La dernière réponse est révélatrice, me semble-t-il, d’une déformation grammaticale excessive, dans laquelle la phrase est prise pour ses règles de grammaire et non pour sa fonction première, qui est la communication et la création du sens.
Question 2 : “Comment puis-je reconnaître le sujet ?” Réponse attendue : je me pose la question “qui est-ce qui…. ?” ou “qu’est-ce qui…. ?” ou j’utilise la tournure :”C’est/ce sont… qui…”. Nous avions travaillé sur ces procédés d’extraction la veille.
Réponse obtenue : “grâce à la terminaison du verbe”.
Enfin, j’eus l’idée saugrenue de demander quels mots pouvaient avoir la fonction sujet. Plusieurs fois, je trouvais, au milieu des “propositions subornés” et des “conjonctions de subordination”, la réponse : “le verbe/le groupe verbal”…

Un soir, Laprof ramena Biowoman. Etant collègues, la conversation tourna bien sûr autour de nos charmants bambins (et de notre non moins charmant chef, mais c’est une autre histoire).
Biowoman : “Tu connais Johnny, en 3e ?
Laprof – Non, je ne l’ai pas eu. Je ne le connais que de nom.
Biowoman – J’ai fait une interro dans la classe de Johnny. Sur la reproduction, c’est au programme. A la récréation, j’ai vu revenir le gaillard :
“M’dame, j’peux changer un truc sur ma copie ?
- Beeeenn non Johnny, tu peux pas, ce ne serait pas juste pour les autres.
- Mais m’dame, j’ai vraiment écrit une grosse bêtise. Faut que je change absolument.
- Qu’est-ce que t’as écrit ? Dis-moi, de toute façon je le verrai. “
Laprof – Qu’est-ce qu’il a écrit ?
Biwoman – J’ai posé une question sur le nom de la rencontre entre une gamète mâle et un gamète femelle. La réponse, c’est “la fécondation”.
Laprof – Et… ?
Biowoman – Il a répondu :”La fellation”…”