Leçon sur la fonction sujet en 5e. La première phrase du cours était : “Le sujet indique qui fait l’action (ou qui la subit) ou qui est dans l’état exprimé par le verbe.”
En bonne sadique, Laprof procède à une interrogation écrite le lendemain.
La première question était : “Qu’indique le sujet ?”.
Réponses de loupiauds : “Le sujet indique le verbe” ; “Ce qui indique le sujet est le verbe” ; “le sujet indique comment va être la terminaison du verbe”.La dernière réponse est révélatrice, me semble-t-il, d’une déformation grammaticale excessive, dans laquelle la phrase est prise pour ses règles de grammaire et non pour sa fonction première, qui est la communication et la création du sens.
Question 2 : “Comment puis-je reconnaître le sujet ?” Réponse attendue : je me pose la question “qui est-ce qui…. ?” ou “qu’est-ce qui…. ?” ou j’utilise la tournure :”C’est/ce sont… qui…”. Nous avions travaillé sur ces procédés d’extraction la veille.
Réponse obtenue : “grâce à la terminaison du verbe”.
Enfin, j’eus l’idée saugrenue de demander quels mots pouvaient avoir la fonction sujet. Plusieurs fois, je trouvais, au milieu des “propositions subornés” et des “conjonctions de subordination”, la réponse : “le verbe/le groupe verbal”…
Pêcheur de Perles
septembre 28, 2008
septembre 27, 2008
Un soir, Laprof ramena Biowoman. Etant collègues, la conversation tourna bien sûr autour de nos charmants bambins (et de notre non moins charmant chef, mais c’est une autre histoire).
Biowoman : “Tu connais Johnny, en 3e ?
Laprof – Non, je ne l’ai pas eu. Je ne le connais que de nom.
Biowoman – J’ai fait une interro dans la classe de Johnny. Sur la reproduction, c’est au programme. A la récréation, j’ai vu revenir le gaillard :
“M’dame, j’peux changer un truc sur ma copie ?
- Beeeenn non Johnny, tu peux pas, ce ne serait pas juste pour les autres.
- Mais m’dame, j’ai vraiment écrit une grosse bêtise. Faut que je change absolument.
- Qu’est-ce que t’as écrit ? Dis-moi, de toute façon je le verrai. “
Laprof – Qu’est-ce qu’il a écrit ?
Biwoman – J’ai posé une question sur le nom de la rencontre entre une gamète mâle et un gamète femelle. La réponse, c’est “la fécondation”.
Laprof – Et… ?
Biowoman – Il a répondu :”La fellation”…”
avril 4, 2008
Etude des Fables de La Fontaine avec les 6e. Ils devaient répondre à la question suivante : “Pourquoi La Fontaine a-t-il mis en scène des animaux dans ses Fables ?”
Nous parlons de la censure et notons même une phrase sur le sujet. Celle-ci comporte les mots “Cour de Louis XIV”. J’explique rapidement la satire des usages de la Cour, comme assister au Lever ou au Souper. Alain me demande si les courtisans regardaient aussi le roi pendant qu’il travaillait : “Je suppose que oui.”
Loupiotte, incrédule, intervient soudain : “Mais, Madame, ça TRAVAILLE un roi ?”
Etonnant, non ?
mars 28, 2008
Déjà, ils ont eu beaucoup de mal à comprendre ce qu’est un bourgeois. “Ouais m’dame, commence Thrasybule avec son accent “banlieue”, un bourgeois, c’est quelqu’un de très riche.” Je reprends l’explication : au 17e siècle, un bourgeois ne représente pas quelqu’un de très riche, loin de là. Et d’expliquer qu’au 17e siècle, la société est répartie en classes sociales, que l’on ne passe pas facilement de l’une à l’autre, que la bourgeoisie appartient à la classe du Tiers-Etat. Donc, M. Jourdain n’est pas noble, puisqu’il est du Tiers-etat… et c’est bien pour cela qu’il essaie de se faire passer pour un gentilhomme. Et d’ajouter que la noblesse se transmet par le sang, et non par la richesse, que les nobles désargentés, comme Dorante, sont fréquents… Tout cela répété à l’envi au fil des cours, parce que ces notions leur paraissent infiniment abstraites. Tout n’a pas été pris en compte : dans leurs rédactions, malgré la note explicative de la prof, Covielle le valet tutoie son maître et lui propose d’enlever Lucile, sa maîtresse, puisque M. Jourdain s’oppose au mariage. Ultime entorse aux bienséances !
Nous expliquons une scène de confidenceentre Cléonte et Covielle. Je veux leur faire dire que Covielle joue le rôle du…. du….. “DU VALET !
- Certes, mais ça, on le savait déjà, vous ne faites pas avancer les choses. Regardez, Cléonte se confie à Covielle, il lui parle de choses qui lui tiennent à coeur, comme à un ami. Comment appelle-t-on quelqu’un à qui on CONFIE ses soucis, qui peut venir en aide, qui… oui ?
- UN PSY ! “
O tempora, O mores. Cela dit, ce jour-là, Le Marsupilami m’a bien fait rire.
janvier 17, 2008
Aujourd’hui, quelqu’un est arrivé ici en cherchant “cartable picard” sur gogol… autant dire que je suis surprise, et que je m’interroge sur le sens de cette demande. Un cartable picard, c’est pour accompagner les élèves surgelés, ou c’est une spécificité de la région Nord-Pas-De-Calais que j’ignorerais ? Un cartable picard… c’est un cartable avec la climatisation intégrée, qui maintient les copies et le sandwich bien au frais toute la journée ? Ou c’est en prévision de la journée de Mardi Gras, pour s’assurer que les oeufs que nos loulous prennent tant de plaisir à jeter se conservent mieux ? Ou alors, c’est une recherche lexicale inaboutie. Dans ce cas, je réponds : ”cartable” en picard se dit soit “cartape”, soit “carnasse”.
janvier 15, 2008
Contrôle de 6e sur la poésie, que nous étudions en ce moment. Laprof, méchante et sadique comme elle sait si bien l’être, demande quel est le type de strophe employé dans le poème étudié. Comme chaque strophe compte quatre vers, et que la classe a déjà vu et noté qu’une telle strophe se nommait un quatrain, elle attend tout, sauf ça :
“Il emploie la strophe cordée”
Un jour, c’est Laprof qui va être cordée…
PS : cela dit, vu les résultats de cette évaluation, je n’ai plus qu’à recommencer le cours. Et comme demain, ce sont les 5e qui planchent sur la poésie, je redoute la correction qui m’attend…
janvier 11, 2008
Questionnaire de lecture sur le roman Le roi Arthur, de M. Morpurgo. L’une des questions est la suivante : “Dans quel bois le Saint Graal est-il sculpté ?”
Réponse de l’élève, imperturbable : “Il est sculpté dans le tek.”
D’un coup, la légende arthurienne a pris un petit air follement exotique, n’est-ce pas ?
décembre 18, 2007
Cours de cinquième sur la poésie. Nous étudions quatre poèmes du Chinois Wang Wei. Nous évoquons les sensations suscitées par les mots, les impressions laissées au lecteur/auditeur. Lorsque les élèves mettent le doigt sur la proximité des textes avec le genre pictural de l’estampe et soulignent l’apparente sérénité de ces tableaux poétiques, je demande :
”A quelle philosophie, quelle sagesse, très présente en Chine et au Japon, ces poèmes peuvent-ils vous faire penser ?”
… Silence… (il faut dire que c’est une question difficile)
Une main, soudain, se lève :
“Au communisme, m’dame ! “
décembre 4, 2007
Cours de grammaire sur le déterminant :
“c’est un déterminant indéfinitif m’dame !”
novembre 25, 2007