Les 4e ont eu un devoir à faire à la maison pendant les vacances de la Toussaint, car la prof a de mauvais tours dans son cartable. Je n’étais pas particulièrement contente de leurs travaux, souvent incomplets. Cependant, mon insatisfaction atteignit un sommet lorsque je lus pour la deuxième, puis pour la troisième fois : “Un officier du roi de Naples dénommé Alvare.” Trois fois, j’eus le bonheur d’écrire à mon tour : “Quelle est la suite de votre phrase ?”. Trois fois, je pus lire que le diable apparaissait sous la forme d’un taureau, alors qu’il se manifeste au narrateur-personnage sous les aspects d’un chameau. Trois fois je dus expliquer que non, tous les personnages des cinq extraits de nouvelles n’éprouvent pas que de la peur et de l’angoisse, qui sont d’ailleurs deux sensations proches. Trois fois, j’attribuai une note divisée (par deux et non par trois parce que je suis une sorcière, mais pas trop), tandis que les commentaires variaient à peine : “Pierre, vous avez les mêmes réponses que Paul et Jacques”/”Paul, vous avez les mêmes réponses que Pierre et Jacques”/”Jacques, vous avez les mêmes réponses que Paul et Pierre.” Je me suis abstenue d’écrire, malgré mon envie dévorante : “Paul/Jacques : pour note et commentaire, voir la copie de Pierre.”
Pêcheur de Perles
novembre 15, 2007
Je revois le passé composé avec mes 6e. Histoire de sonder leurs souvenirs grammaticaux, je leur demande quels sont les six modes du français. L’un nomme l’indicatif, l’autre le subjonctif. Un troisième évoque l’impératif.
Et puis, Alain lève la main :
“Oui, Alain ? Quel autre mode ?
- LE… le PRESERVATIF !”
novembre 15, 2007
En pleine correction, il aurait été dommage de ne pas parvenir à trouver une seule ânerie.
Les 5e viennent d’étudier, sous la houlette de leur charmante professeure (oui, moi, réveillez-vous un peu !), le Ruban Moucheté, célèbre aventure de Sherlock Holmes. Il s’agit d’une séquence sur la nouvelle policière. Leur sujet de rédaction consiste à imaginer la description d’une scène de crime, dans un théâtre, par un spectateur-témoin puis par le détective. Corentin choisit de nous livrer les pensées d’un enquêteur qui n’est autre que Sherlock Holmes. Comme ses camarades, et conformément au sujet, il décrit la victime d’un coup de feu (enfin, il l’évoque), il prend en compte le cadre spatial (une salle de théâtre). En revanche, il a quelque peu omis de tenir compte du cadre temporel dans lequel sa référence à Holmes le plongeait :
“Je demandai aux scientifiques quel était l’ADN de ce pistolet.”
Commentaire de la correctrice : à l’époque de Sherlock Holmes, on n’a pas encore découvert l’ADN ; par ailleurs, un pistolet n’a pas d’ADN, n’étant pas un être vivant…
novembre 15, 2007
Une histoire d’ADN, encore. Je cite, y compris les erreurs d’orthographe et de grammaire :
“Après 5 minutes de réflexion, je vis un cheuveu coincé dans le revolver. Il le pris et l’analysas. L’homme qui pleurait pour dire que ce n’était pas lui n’avait pas le même hadhéène.” (je souligne)
Commentaire de la prof : quelle rapidité dans l’analyse !
Plus bas dans la même copie, alors que l’inspecteur cherche le coupable : “Au bout d’un moment, l’un des acteurs me dit : “Le frère de Charlie (l’acteur mort) avait l’air d’avoir la haine de son frère. Enfin une piste.
- Où est son frère ? demanda-t-il avec espoir.
- Aucune idée.
- Donc c’est un gros suspect”
Je trouve la capacité de déduction de l’enquêteur assez fabuleuse quand même. Et puis la qualification de “gros suspect” (“qui est gros ?” dirait Obelix) est irrésistible.
novembre 15, 2007
Ce matin, les 4e planchaient sur le fantastique. Concentrés, absorbés même par la difficile question des points de vue, ils furent soudain interrompus par le pouffement de rire de leur professeur, qui corrigeait une dictée.
En effet, je venais de trouver ceci : “Une eau invisible mûr-mûr sous l’herbe”… J’avoue n’avoir pas résisté à “mûr-mûr”…
novembre 15, 2007
Nous travaillons un extrait du Père Goriot de Balzac. Il s’agit du portrait, pour le moins péjoratif, de la Veuve Vauquer. Elle y est décrite comme ayant une “figure fraîche comme une première gelée d’automne”. Alors que nous relevons les détails de la description, je demande à la classe à quoi est comparé le visage de Mme Vauquer. Jean-Louis lève brusquement la main et prend la parole avant que j’aie le temps de la lui accorder : “A un surgelé, m’dame !”
cqfd